Un traitement expérimental combiné montre de meilleurs résultats de survie chez les patients atteints de tumeurs cérébrales agressives récidivantes

Des chercheurs de l’UZ Brussel et de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) présentent de nouveaux résultats à long terme d’une immunothérapie expérimentale chez des patients atteints d’une tumeur cérébrale agressive récidivante (glioblastome). Chez les patients ayant reçu, en complément de l’immunothérapie, une injection de leurs propres cellules dendritiques directement dans le cerveau, la probabilité d’être encore en vie après deux ans sans progression de la maladie atteignait 26 %, contre 2,9 % chez les patients traités uniquement par immunothérapie. Ces cellules aident le système immunitaire à reconnaître et à attaquer les cellules cancéreuses. Deux patients ne présentent désormais plus aucun signe de maladie depuis plus de cinq ans.
Les résultats sont présentés aujourd’hui à Madrid, lors du congrès annuel de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO), par les Drs Cleo Bertels et Iris Dirven, toutes deux médecins en formation et doctorantes au sein de l’équipe de recherche des Prs Bart Neyns et Johnny Duerinck (UZ Brussel/VUB). La sélection de deux études issues de la même équipe de recherche pour des présentations orales au cours d’une même session constitue une reconnaissance internationale particulièrement remarquable.
Le glioblastome est une forme particulièrement agressive de cancer du cerveau. Malgré une opération, une radiothérapie et une chimiothérapie, la tumeur réapparaît chez presque tous les patients. À ce jour, aucun traitement n’a démontré qu’il permettait de prolonger la vie des patients en cas de récidive.
Une immunothérapie administrée directement dans le cerveau
Dans le cadre de l’étude Glitipni, les chercheurs ont été les premiers au monde à administrer une immunothérapie directement dans le cerveau, immédiatement après l’ablation neurochirurgicale de la partie centrale de la tumeur. Cette approche repose sur deux médicaments immunostimulants, l’ipilimumab et le nivolumab, qui aident le système immunitaire à attaquer les cellules cancéreuses et sont déjà utilisés pour traiter plusieurs autres types de cancer.
Au total, 88 patients ont été traités. Parmi eux, 69 ont reçu uniquement l’immunothérapie. Chez les 19 autres, le traitement a été associé à une injection de cellules dendritiques provenant de leur propre organisme, directement dans le cerveau. Ces cellules immunitaires, préalablement isolées à partir du sang des patients, aident le système immunitaire à reconnaître les cellules cancéreuses.
De meilleurs résultats grâce à l’ajout de cellules dendritiques
Les résultats observés chez les patients ayant également reçu des cellules dendritiques étaient nettement plus favorables. Lors du dernier suivi, cinq des 19 patients (26 %) étaient toujours en vie. Deux d’entre eux ne présentaient toujours aucun signe de maladie respectivement 268 et 277 semaines après le début du traitement, soit plus de cinq ans.
La survie sans progression de la maladie différait également entre les deux groupes. Après un an, elle atteignait 26 % chez les patients ayant reçu des cellules dendritiques, contre 7,2 % chez ceux traités uniquement par immunothérapie. Après deux ans, ces proportions étaient respectivement de 26 % et de 2,9 %. Les différences observées, tant pour la survie sans progression que pour la survie globale, étaient statistiquement significatives dans le cadre d’une analyse descriptive. Ces résultats portant sur un nombre limité de patients, des recherches supplémentaires restent nécessaires pour les confirmer.
Une activation du système immunitaire sans bénéfice démontré sur la survie
Dans une deuxième étude, baptisée NeoGlitipni, les chercheurs ont évalué les effets de cette même immunothérapie lorsqu’elle est administrée par voie intraveineuse, quelques semaines avant l’opération.
Chez les 18 patients traités, cette approche a entraîné une activation du système immunitaire, mais aucun bénéfice sur la survie n’a pu être démontré. Le traitement a présenté un profil de sécurité favorable, sans effets indésirables inattendus.
Une recherche relancée grâce au soutien de fonds et d’associations de patients
« Les résultats de ces deux études nous confortent dans notre volonté de poursuivre les recherches sur ce traitement », explique le Pr Bart Neyns. « Ces dernières années, nous avons beaucoup appris sur la manière de mobiliser le système immunitaire contre ces tumeurs cérébrales agressives. Dans la nouvelle étude, nous réunissons ces connaissances afin de continuer à améliorer le traitement et, nous l’espérons, d’offrir à davantage de patients des perspectives à long terme. »
La recherche a pu reprendre grâce au soutien de Kom op tegen Kanker, du fonds Paul De Knop pour l’immunothérapie, d’associations de patients telles que Heart for Brain, Mol redt mee levens et Live for Better Days, ainsi qu’aux dons de patients, de familles et de sympathisants.
Le recrutement de patients est en cours pour cette nouvelle étude clinique. À ce stade, seuls les patients pour lesquels une nouvelle intervention neurochirurgicale peut être réalisée en toute sécurité sont susceptibles d’y participer.
Ces travaux s’inscrivent dans la continuité des premiers résultats communiqués par l’UZ Brussel en 2024. Grâce à ces nouvelles données de suivi à cinq ans, les chercheurs franchissent une nouvelle étape dans le développement de ce traitement expérimental destiné aux patients atteints de glioblastome récidivant.
Karolien De Prez