Un simple test sanguin par piqûre au doigt pourrait rendre le dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer plus accessible

Selon les premiers résultats, une simple piqûre au doigt pourrait, à l’avenir, permettre d’identifier la maladie d’Alzheimer bien avant l’apparition des symptômes cliniques. C’est ce qui ressort d'une étude menée par le consortium européen PREDICTOM, auquel participent l’UZ Brussel et la Vrije Universiteit Brussel. Cette approche pourrait constituer une alternative plus accessible et moins contraignante aux méthodes diagnostiques complexes actuellement utilisées.
Ces recherches s’inscrivent dans le cadre de l’étude PREDICTOM, financée par l’Innovative Health Initiative Joint Undertaking (IHI JU). L’étude examine si des biomarqueurs tels que la p-Tau217 peuvent être mesurés de manière fiable à partir d’une simple piqûre au doigt. La p-Tau217 est une protéine dont on sait que le taux augmente lors du développement de la maladie d’Alzheimer.
Les premiers résultats sont prometteurs lorsqu’on les compare aux méthodes diagnostiques internationales de référence actuellement en usage. Cette méthode de dépistage par piqûre au doigt va donc plus loin que les tests sanguins actuellement introduits dans la pratique clinique pour la maladie d’Alzheimer.
Un diagnostic encore complexe aujourd’hui
Aujourd’hui, le diagnostic de la maladie d’Alzheimer repose souvent sur des examens invasifs et spécialisés, tels que l’analyse du liquide céphalorachidien, l’imagerie médicale et des tests cognitifs approfondis. Ces procédures sont non seulement contraignantes pour les patients, mais elles limitent également la mise en œuvre à grande échelle d’un dépistage précoce. Les nouveaux tests sanguins apportent déjà une réponse partielle à ces limites ; le test sanguin par piqûre au doigt constitue dès lors une avancée supplémentaire.
À terme, les tests sanguins par piqûre au doigt pourraient entraîner un changement majeur dans l’organisation du dépistage précoce. Simples à réaliser et potentiellement réalisables en dehors de l’hôpital, ils pourraient améliorer considérablement l’accessibilité, notamment pour les personnes à mobilité réduite ou vivant loin de centres de soins spécialisés. Cette méthode, peu contraignante et répétable, pourrait également faciliter un suivi à long terme dans le temps.
« Cette étude montre qu’il pourrait devenir possible, à l’avenir, de détecter la maladie d’Alzheimer à un stade beaucoup plus précoce grâce à un simple test sanguin par piqûre au doigt », explique le Pr Sebastiaan Engelborghs, chef du service de neurologie à l’UZ Brussel, président du groupe de recherche NEUR à la VUB et l’un des chercheurs principaux du consortium PREDICTOM. « La détection précoce est essentielle pour accompagner les patients en temps utile et pour pouvoir déployer de nouveaux traitements au moment adéquat, avant même l’apparition de symptômes manifestes. »
Des recherches complémentaires nécessaires
Bien que le test sanguin par piqûre au doigt ne soit pas encore prêt pour une application dans la pratique clinique quotidienne, les résultats préliminaires indiquent un potentiel clair. L’étude en cours se poursuivra jusqu’en 2027. À l’avenir, cette méthode pourrait non seulement contribuer à un dépistage plus précoce, mais aussi favoriser une participation plus large et plus inclusive aux recherches cliniques sur les maladies neurodégénératives.
À propos de PREDICTOM
PREDICTOM est un consortium de recherche européen regroupant plus de vingt partenaires issus d’institutions académiques, d’hôpitaux, de réseaux de recherche clinique et de l’industrie. Le consortium se concentre sur le développement de méthodes évolutives et rentables pour l’identification précoce et précise du risque de maladie d’Alzheimer, en vue de mettre en place des stratégies de prévention et d’intervention ciblées.
Plus d’informations : https://www.predictom.eu/
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Karolien De Prez