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Première mondiale à l’UZ Brussel : un bébé naît d’une nouvelle combinaison innovante de techniques de préservation de la fertilité après un cancer

Une nouvelle approche rend la transplantation d’ovaire invasive superflue

C’est une première mondiale : un bébé vient de naître à l’UZ Brussel après une nouvelle combinaison de traitements destinés à préserver la fertilité de patientes atteintes d’un cancer. Pour la première fois, les techniques de maturation d’ovocytes au labo, la congélation tant d’ovocytes que de tissu ovarien en vue de les conserver et l’injection d’un spermatozoïde dans chaque ovocyte ont été pour la première fois combinées avec succès. Grâce à cette nouvelle approche, la jeune maman, qui était déjà ménopausée suite au traitement qu’elle avait reçu pour son cancer à 26 ans, a pu être enceinte sans avoir recours à une lourde intervention pour réimplanter son ovaire. Avec cette première mondiale, l’UZ Brussel fait à nouveau une avancée importante pour réaliser le souhait d’enfant de patientes oncologiques qui peut être mis en péril à cause de leur traitement. 

Un renvoi vers un centre de PMA: crucial

“Un traitement oncologique peut être néfaste pour la fertilité de la patiente. Pour donner toutes les chances à des patientes ayant un cancer et un souhait d’avoir néanmoins un enfant plus tard, il est crucial qu’elles soient référées par l’oncologue au moment du diagnostic le plus rapidement possible afin de discuter des actions préventives possibles. A cette fin, notre équipe d’oncofertilité est disponibles 7jours sur 7. Les patientes peuvent faire congeler aussi bien du tissu ovarien que du matériel cellulaire reproductif comme des ovocytes ou des embryons. Il existe différentes combinaisons possibles pour optimaliser le maintien de la fertilité après un cancer, si bien que ces patientes ne devront pas faire le pas ultérieurement vers le don d’ovocytes ou l’adoption”, explique le Pr Michel De Vos du Centre de Médecine Reproductive (CRG) de l’UZ Brussel.  

Préservation de la fertilité pour réaliser un souhait d’enfant

Jasmien avait 23 ans lorsqu’elle fut frappée par le diagnostic de lymphome. A l’époque, elle était en ménage avec son copain. Elle se souvient encore du jour de son diagnostic comme si c’était hier : “Ce fut un coup de tonnerre dans un ciel serein et la première question qui nous traversa l’esprit fut alors : et un enfant ? Le jour de mon diagnostic, mon oncologue a immédiatement fait tester ma fertilité. Lorsque j’ai appris qu’elle était bonne, cela me donna une lueur d’espoir, mais aussi beaucoup d’anxiété. Afin de ne pas compromettre ma fertilité, j’ai fait congeler un ovaire et des ovules. Je suis heureuse que mon oncologue avait réglé tout cela pour moi aussi vite et que j’ai été accompagnée dans ce parcours au centre de PMA. Par le coup du diagnostic, je n’étais alors moi-même pas en mesure de prendre l’initiative. Je pensais alors surtout à la façon dont j’allais éradiquer ce cancer de mon corps. Je n’ai pas vraiment assimilé les explications que j’ai reçues à ce moment-là à propos de l’oncofertilité parce que j’avais alors trop de choses qui me traversaient l’esprit. “

Une nouvelle combinaison fructueuse de techniques de préservation

“Pour augmenter les chances de réussite, nous choisissons parfois dans notre centre de PMA de combiner certaines techniques de préservation. Lorsque la préservation de la fertilité doit être planifiée très vite après le diagnostic, nous congelons non seulement du tissu ovarien, mais aussi les ovocytes immatures issus de l’ovaire prélevé. Nous les laissons alors mûrir via une maturation in vitro (MIV). Et enfin, nous congelons les ovocytes mûrs. La technique qui consiste à récupérer des ovocytes immatures du matériel restant après le découpage de l’ovaire au laboratoire est une procédure prometteuse. Cette application est complexe et requiert l’expertise nécessaire. D’où elle n’est appliquée que dans quelques centres au monde,” explique le Pr De Vos.

Enceinte sans transplantation d’ovaire invasive

Lorsque 3 ans après son diagnostic et après avoir vaincu son cancer, Jasmien et son copain voulurent réaliser leur rêve d’avoir un enfant, son gynécologue constata qu’à 26 ans, elle était déjà ménopausée. “Tomber enceinte naturellement avec l’ovaire qui me restait n’était donc pas une option. Début 2018, nous avons commencé le traitement de fertilité. Les ovules arrivés à maturation au labo ont été décongelés, fécondés artificiellement en injectant un spermatozoïde dans chaque ovocyte (la technique d’ICSI ou injection de sperme intracytoplasmatique) et réimplantés dans mon utérus. Nous nous étions préparés psychologiquement à un processus qui allait prendre des années, mais nous avons eu de la chance car en mars, le test de grossesse était déjà positif. Et aujourd’hui, notre chance ne s’arrête pas vu que nous pouvons maintenant prendre notre enfant dans nos bras”, relate Jasmien.

Plusieurs bébés sont déjà nés via maturation in vitro, mais c’est le premier enfant au monde qui naît après la maturation d’un ovocyte qui a été obtenu via un ovaire prélevé du corps, combinée à une congélation d’ovocytes, et sans transplantation d’ovaire. L’équipe d’oncofertilité du CRG de l’UZ Brussel pose ainsi un nouveau jalon dans la médecine reproductive. “Grâce à cette nouvelle technique, il n’y a plus besoin de réimplanter un ovaire congelé. La patiente ne doit donc plus se tracasser par rapport au fait que des cellules cancéreuses pourraient ainsi à nouveau réapparaître dans son corps via le matériel cellulaire qui avait été préservé avant le traitement oncologique. Cette application est donc non seulement encourageante, mais aussi sûre », conclut le Pr De Vos. 

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Gina Volkaert Responsable communication externe, UZ Brussel
Gina Volkaert Responsable communication externe, UZ Brussel
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