Une plus grande précision dans l’alimentation artificielle peut éviter des morts chez les malades critiques

Mercredi 10 janvier 2018 —  

L’UZ Brussel utilise un nouvel appareil de haute technologie pour mesurer le métabolisme et la consommation d’énergie des patients en état critique. L’appareil est utilisé dans le cadre d’une étude internationale pour démontrer de manière scientifique la façon dont un dosage adapté de la nutrition clinique a un impact positif sur les chances de survie du patient (1). En outre, une administration plus précise de l’alimentation artificielle permet de réaliser des économies tant pour le patient que pour la société en raison de la réduction du nombre d’infections (2) et du rétablissement plus rapide du patient qui lui permet, dans de nombreux cas, de rentrer plus vite chez lui. Pouvoir mesurer exactement la quantité d’énergie que les patients consomment permet de mieux adapter l’administration de la nutrition clinique - surtout pour les patients qui se trouvent dans le coma - aux besoins du patient, et ainsi d’améliorer ses soins. Après l’UZ Brussel, d’autres hôpitaux à Tel-Aviv, Stockholm, Vienne, Lausanne, Bergen (Norvège) utiliseront également ce nouveau monitoring métabolique.

Augmenter les chances de survie et prévenir les infections

Les patients qui séjournent à l’unité de soins intensifs se trouvent souvent dans un état critique, entre la vie et la mort. Ils s’alimentent rarement normalement. C’est d’autant plus le cas pour les patients qui se trouvent dans le coma et qui sont maintenus dans un état correct notamment grâce à une nutrition artificielle. Pour eux, l’administration et l’absorption de nutriments joue, à côté des autres soins et traitements qu’ils reçoivent, un rôle de taille. Le dosage correct de l’alimentation peut en effet d’une part, avoir un impact sur les chances de survie de ces patients et d’autre part, éviter des infections, ce qui permet au patient de reprendre des forces plus rapidement. Pour de nombreux organes et systèmes, ces nouvelles technologies sont déjà utilisées pour pouvoir déterminer le bon traitement et le bon suivi. Jusqu’il y a peu, cet environnement de haute technologie manquait pour déterminer la bonne alimentation et le dosage de la nutrition artificielle. Les choses changent donc !

L’alimentation comme traitement

« Sur base de l’expertise que nous avons constituée au cours des dernières années à l’UZ Brussel, nous avons été sélectionnés pour être le premier hôpital à utiliser le monitoring métabolique. Ce faisant, c’est la formule de Harris et Benedict, qui remonte à il y a plus d’un siècle et qui tient surtout compte du poids corporel des patients en état critique, qui fait enfin place à un calcul plus précis du métabolisme. Pour les patients qui sont placés dans un coma artificiel et dont différentes fonctions organiques sont assurées par des machines, cette utilisation précise de la nutrition clinique peut influencer positivement les chances de survie », commente le Pr Elisabeth De Waele, chef de clinique de soins intensifs à l’UZ Brussel. « Des études chez les patients cancéreux ont démontré que la bonne alimentation donne une meilleure survie. Il faut une meilleure politique nutritionnelle chez les patients en état critique. La nutrition doit en effet être considérée comme un traitement à part entière. Si nous pouvons mesurer exactement ce dont les patients ont besoin, nous pouvons aussi éviter qu’ils soient sous- ou suralimentés. On ne donne pas de médicaments pour réguler la tension artérielle ou la glycémie sur base d’une vague formule. Pourquoi le fait-on toujours dans le monde entier pour la nutrition ? »

Poursuivre un travail de pionnier

Pour continuer à développer l’expertise en matière de nutrition clinique et de métabolisme, l’UZ Brussel crée une unité de nutrition clinique, sous la direction du Pr Elisabeth De Waele. L’UZ Brussel souligne ainsi l’importance de mener une bonne politique nutritionnelle qui accorde la juste attention à la nutrition dans l’ensemble des soins. La nutrition clinique est ainsi admise comme une modalité thérapeutique sérieuse à part entière.

L’UZ Brussel poursuit ainsi son rôle de pionnier en la matière. L’UZ dispose déjà depuis des années d’une ‘équipe Nutrition’ et était à l’époque l’un des pionniers en Belgique. En 2012, le Pr Elisabeth De Waele a débuté, avec l’équipe Nutrition, une étude sur l’importance de la nutrition clinique comme modalité thérapeutique. Les derniers développements scientifiques sont implémentés à l’UZ Brussel afin que l’équipe multidisciplinaire puisse aussi traiter des patients et groupes de patients complexes. La façon de travailler de l’UZ Brussel en matière de nutrition clinique est aussi reconnue sur la scène internationale. D’où, l’UZ Brussel a été retenu comme partenaire de recherche par le Pr Claude Pichard, une autorité suisse dans le domaine pour l’utilisation du monitoring métabolique de nouvelle génération qui a été développé, après des années d’efforts intellectuels et techniques, et en collaboration avec l’European Society of Clinical Nutrition and Metabolism (ESPEN), et l’European Society of Intensive and Critical Care Medicine (ESICM), par un partenaire industriel médical spécialisé (3).

 

Références:
(1) Zusman O1, Theilla M2,3, Cohen J2,4, Kagan I2, Bendavid I2, Singer P2,4. Resting energy expenditure, calorie and protein consumption in critically ill patients: a retrospective cohort study. Crit Care 2016 Crit Care. 2016 Nov 10;20(1):367.
(2) Pradelli L, Graf S, Pichard C, Berger MM. Supplemental parenteral nutrition in intensive care patients: A cost saving strategy. Clin Nutr 2017
(3) Oshima Oshima T1, Berger MM2, De Waele E3, Guttormsen AB4, Heidegger CP5, Hiesmayr M6, Singer P7, Wernerman J8, Pichard C9. Indirect calorimetry in nutritional therapy. A position paper by the ICALIC study group. Clin Nutr. 2017 Jun;36(3):651-662. 

Prof. dr. Elisabeth De Waele, Chef de Clinique de soins intensifs
Edgard Eeckman Porte parole at UZ Brussel
Gina Volkaert Responsable communication externe at UZ Brussel