L’UZ Brussel: premier hôpital à commencer à enregistrer la sédation palliative

L’UZ Brussel: premier hôpital à commencer à enregistrer la sédation palliative

Vendredi 2 février 2018 — A partir de février 2018, l’UZ Brussel commence, en tant que premier hôpital en Belgique, et même au monde, à enregistrer la sédation palliative. Aujourd’hui, seule l’euthanasie est encadrée légalement. La frontière entre sédation et euthanasie est souvent très mince : ce sont souvent des vases communicants. En enregistrant la sédation palliative, l’UZ Brussel souhaite d’une part, créer une plus grande clarté pour les patients et leur entourage et d’autre part, optimaliser l’établissement des indications et la réalisation technique de cet acte médical. Le lancement de l’enregistrement coïncide avec le ‘Mois des soins palliatifs’ à Bruxelles, où, en collaboration avec Br.E.L. (Brusselse Expertise Levenseind), de nombreuses formations, conférences et activités autour de la fin de vie sont organisées.

Aujourd’hui, la sédation palliative, la mise dans le coma artificiellement d’un patient terminal, est quatre fois plus fréquente dans notre pays que l’euthanasie. De plus, cette pratique est réalisée la plupart du temps à l’insu du patient et souvent sans en avoir discuté avec la famille et avec peu de transparence. C’est pourquoi l’UZ Brussel a débuté, il y a une bonne année déjà, un projet pilote consistant à enregistrer la sédation palliative. Pour ce faire, le document d’enregistrement a été optimalisé.  

Le respect du droit de chaque être humain à disposer de lui-même

“Toute institution de soins devrait s’y engager, afin d’éviter des erreurs d’appréciation ou des euthanasies cachées. Dans les deux pratiques, il s’agit de mettre un terme à la souffrance insupportable chez le patient. L’encadrement légal pour la sédation palliative et l’euthanasie ne devrait pas être différent. Un seul élément y est mis en avant : le respect du droit de chaque être humain à disposer de lui-même. La sédation palliative peut aussi être utilisée comme moyen pour mettre fin à une vie. Cela se fait aujourd’hui parfois sans concertation avec le patient. Ce n’est bien sûr pas normal, tant que l’intéressé est capable juridiquement,” commente Wim Distelmans, oncologue à l’UZ Brussel et professeur de médecine palliative à la VUB. “Nous espérons dès lors que d’autres institutions de soins suivront notre exemple car aujourd’hui, la frontière entre la sédation palliative et l’euthanasie est souvent très mince.”

A la VUB, rappelons-nous que les premières pierres des soins palliatifs en Belgique ont été posées sur le Brussels Health Campus à Jette, avec la première initiative palliative, « les soins à domicile Domega ». Pour l’encadrement légal de l’euthanasie aussi, l’UZ Brussel et la VUB étaient pionniers. Ils poursuivent maintenant cet engagement en voulant affiner le cadre légal pour les patients dans leur dernière phase de vie, donc également lorsque l’option de la sédation palliative est retenue.  Car tout le monde est un jour confronté à la fin de vie, donc cela profitera à chacun d’entre nous. De plus, un enregistrement obligatoire apportera aussi une plus grande sécurité juridique au médecin.

Mois des soins palliatifs

Pour plus d’informations sur les activités qui ont lieu dans le cadre du ‘Mois des soins palliatifs’: http://forumpalliatievezorg.be/februari-2018-maand-van-de-palliatieve-zorg-in-brussel/