l’UZ Brussel modernise son imagerie médicale avec un plateau interventionnel de haute technologie

Le service d’imagerie médicale de l’UZ Brussel a récemment déménagé dans le nouveau bloc médico-technique. Presque toutes les modalités d’imagerie, notamment la radiographie, l’échographie, la mammographie, le scanner CT et la radiologie interventionnelle, sont désormais regroupées dans un environnement entièrement rénové. Une étape importante de ce projet est la mise en service d’un nouveau plateau interventionnel comprenant trois salles de haute technologie, chacune équipée de technologies d’imagerie adaptées à différents types d’interventions. Dans l’une de ces salles, l’UZ Brussel étudie, dans le cadre de l’étude internationale WE-TRUST, la possibilité de prendre directement en charge certains patients présentant une suspicion d’accident vasculaire cérébral (AVC) aigu, afin d’y réaliser les examens d’imagerie et, si nécessaire, de les traiter. Cette approche pourrait permettre de gagner un temps précieux.
Une salle interventionnelle, ou salle d’angiographie, est un espace spécialisé dans lequel les radiologues interventionnels réalisent des traitements guidés par imagerie médicale. Ces interventions se font souvent à l’aide d’un fin cathéter introduit dans un vaisseau sanguin au niveau du poignet ou de l’aine, ce qui permet d’éviter une intervention chirurgicale classique.
Le nouveau plateau comprend trois salles spécialisées :
- une salle monoplan robotisée avec cone beam CT ;
- une salle biplan avec cone beam CT, destinée aux interventions neurovasculaires ;
- une salle d’angiographie monoplan équipée d’un scanner CT 4D à part entière.
Une première en Europe pour ce type de salle d’angiographie hybride
La salle monoplan robotisée associe l’imagerie interventionnelle classique à un système cone beam CT. Le bras d’imagerie robotisé peut être positionné autour du patient sous différents angles. Cette mobilité offre à l’équipe soignante une plus grande flexibilité pour réaliser les interventions par différentes voies d’accès, notamment au niveau du poignet, de l’aine, du bras ou du cou. Pendant l’intervention, les radiologues interventionnels peuvent obtenir immédiatement des images détaillées en 3D, comparables à celles d’un scanner CT, et adapter le traitement si nécessaire. Grâce à l’intelligence artificielle (IA), le système peut également corriger les artefacts liés aux mouvements respiratoires ou aux battements du cœur.
« Dans cette salle, nous pouvons notamment réaliser avec davantage de précision des traitements oncologiques, comme le traitement local de tumeurs hépatiques par voie vasculaire. Cette technologie ouvre également de nouvelles possibilités pour le traitement mini-invasif d’affections telles que les fibromes utérins et certains problèmes de prostate », explique le Dr Frans Van den Bergh, radiologue interventionnel.
Agir plus rapidement en cas d’AVC aigu
La salle biplan est spécialement équipée pour les interventions neurovasculaires. Ses deux bras d’imagerie permettent d’obtenir simultanément des images sous différents angles, aidant ainsi les radiologues interventionnels à naviguer avec précision dans les vaisseaux sanguins du cerveau.
Dans le cadre de l’étude internationale WE-TRUST, l’UZ Brussel y étudie le protocole dit « direct-to-angio ». Cette approche consiste à orienter directement certains patients présentant une suspicion d’AVC aigu vers la salle d’angiographie, où les examens d’imagerie peuvent être réalisés et, si nécessaire, le traitement immédiatement entrepris.
« Lors d’un AVC, chaque seconde compte. Si nous pouvons réaliser les examens d’imagerie directement sur la table d’intervention, le patient ne doit plus passer d’abord par un scanner CT distinct avant d’être transféré en salle d’angiographie. Nous pouvons ainsi gagner environ une demi-heure. Ce gain de temps est essentiel en cas d’AVC : plus nous parvenons à rouvrir rapidement le vaisseau obstrué et à rétablir la circulation sanguine vers le cerveau, plus nous pouvons préserver de tissu cérébral et augmenter les chances d’une meilleure récupération », souligne le Dr Van den Bergh.
Un scanner CT 4D pour les interventions oncologiques complexes
La troisième salle associe un système d’angiographie monoplan à un véritable scanner CT 4D. Cette technologie est notamment utilisée pour les interventions abdominales et oncologiques.
L’une de ses principales applications concerne le traitement des tumeurs et des métastases hépatiques. En combinant l’imagerie CT à l’injection d’un produit de contraste directement dans une artère, il est possible de mieux visualiser des lésions, même de très petite taille, et de les traiter de manière plus ciblée.
Davantage de confort et des parcours de soins adaptés
Outre les avancées technologiques, l’UZ Brussel investit également dans l’adaptation des parcours de soins. Davantage d’interventions peuvent être réalisées par voie radiale, au niveau du poignet, plutôt que par voie fémorale, au niveau de l’aine, ce qui améliore le confort des patients.
L’accueil et les soins après l’intervention se déroulent dans un espace spacieux bénéficiant de la lumière naturelle. La nouvelle zone de surveillance permet également d’assurer un suivi sécurisé des patients après leur intervention. Pour un nombre croissant de traitements, cette organisation permet aux patients de rentrer chez eux le jour même.
« Grâce à ces trois salles spécialisées, nous pouvons adapter encore davantage l’imagerie au type d’intervention et aux besoins de chaque patient. L’association de technologies de pointe, d’une expertise spécialisée et de parcours de soins adaptés nous permet de proposer des traitements plus rapides, plus précis et moins contraignants pour les patients », déclare le Pr Johan de Mey, chef du service de radiologie.
Karolien De Prez








