L’UZ Brussel administre pour la première fois au monde de l’immunothérapie localement dans le cerveau pour traiter un glioblastome

Un nouveau traitement pour s’attaquer à la tumeur cérébrale la plus maligne peut augmenter les chances de survie

Lundi 5 novembre 2018 — A l’UZ Brussel, oncologues et neurochirurgiens associent leurs efforts en matière de recherche dans la lutte contre le cancer pour un meilleur traitement des patients atteints d’un glioblastome récidivant. Jusqu’aujourd’hui, aucun traitement dans une étude clinique n’a démontré qu’il pouvait prolonger la survie de patients atteints d’un glioblastome. Bien que le traitement standard fasse une différence, le pronostic de survie de ce cancer est sombre. L’équipe de recherche de l’UZ Brussel vient de changer la donne. C’est ce qui ressort des résultats présentés à Bruxelles lors du dernier congrès de l’EANS (European Association of Neurosurgical Societies), à savoir que l’immunothérapie, qui a été injectée pour la première fois en intracérébral chez des patients atteints d’un glioblastome qui entrent en considération pour une chirurgie, peut augmenter les chances de survie. L’UZ Brussel élargit maintenant cette étude aussi à des patients qui ne peuvent plus être opérés, et c’est le cas pour la plupart des patients qui présentent une récidive de glioblastome. 

Une lueur d’espoir pour les patients avec un sombre pronostic

“Le glioblastome est un cancer du cerveau extrêmement agressif. Chaque année, en Belgique, quelque 500 personnes reçoivent le diagnostic de glioblastome. Le pronostic est hélas mauvais. Même avec le meilleur traitement actuel disponible, comprenant une chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie, en moyenne un patient sur deux mourra dans les 18 mois qui suivent le diagnostic (1). Les plaintes que provoque cette tumeur maligne du cerveau peuvent aller de maux de tête, de nausées et vomissements à des crises d’épilepsie, des paralysies et une perte de sensations en passant par des problèmes de langage, d’élocution et de vue. Améliorer le pronostic pour ces patients est un moteur important de notre recherche car dès qu’une récidive de la tumeur apparaît, la survie moyenne n’est plus que de sept à huit mois,“ explique le Pr Johnny Duerinck, neurochirurgien à l’UZ Brussel, qui fait partie de l’équipe de recherche du Pr Bart Neyns, chef du service d’Oncologie médicale. "L'immunothérapie a déjà offert à de nombreux patients atteints de mélanome de nouvelles perspectives. Nous étudions également le potentiel de cette thérapie pour le traitement des patients atteints de glioblastome,” conclut le Pr Duerinck.

Un pas de plus dans la prise en charge du glioblastome

“Jusqu’à présent, c’étaient les inhibiteurs de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins se dirigeant vers la tumeur (lesdits anti-angiogéniques) qui étaient le plus étudiés, y compris dans notre propre groupe de recherche. Il avait déjà été démontré précédemment qu’ils améliorent les plaintes des patients, qu’ils permettent de réduire les traitements à base de cortisone et qu’ils prolongent l’intervalle sans rechute.  Mais ces médicaments ne prolongent pas la survie. L’immunothérapie, quant à elle, peut prolonger la survie.  Lorsqu’elle est administrée dans la circulation sanguine, l’effet est très limité chez les patients atteints d’un glioblastome. Toutefois, les premiers résultats de notre étude montrent qu’il est possible d’injecter ces médicaments directement dans le cerveau, à concentration élevée, avec des résultats favorables chez certains des patients participants (2). Grâce à cette modalité thérapeutique, nous activons le système immunitaire du corps du patient contre les cellules tumorales afin de lutter contre les envahisseurs et de les faire disparaître. L’immunothérapie est administrée une seule fois en intracérébral, et puis, toutes les deux semaines en intraveineuse, tout comme pour les patients atteints d’un mélanome qui viennent pour leur traitement à l’hôpital de jour du Centre oncologique. Pour le patient atteint d’un glioblastome, l’immunothérapie est gratuite vu que le traitement est administré dans le cadre d’une étude clinique qui est également soutenue par la Fondation contre le Cancer et le Fonds Willy Gepts,” précise encore le Pr Duerinck.

Les patients qui souhaitent entrer en considération pour cette étude peuvent en parler avec leur médecin traitant ou contacter le service de Neurochirurgie de l’UZ Brussel (T: 02 477 60 12, E: afspraak_neurochirurgie@uzbrussel.be).

REFERENCES:

(1) Stupp et al, "Effects of radiotherapy with concomitant and adjuvant temozolomide versus radiotherapy alone on survival in glioblastoma in a randomised phase III study: 5-year analysis of the EORTC-NCIC trial." The Lancet Oncology 2009

(2) Duerinck, et al, "Phase 1 clinical trial on systemic PD-1 blockade in combination with direct intra-tumoral injection of CTLA-4/PD-1 immunecheckpoint inhibition following resection of recurrent glioblastoma", EANS annual conference, Brussels 2018

L’UZ Brussel administre pour la première fois au monde de l’immunothérapie localement dans le cerveau pour traiter un glioblastome dans le cadre d'une étude clinique
Prof. dr. Johnny Duerinck, neurochirurgien à l'UZ Brussel
Gina Volkaert Responsable communication externe at UZ Brussel
Edgard Eeckman Porte parole at UZ Brussel