Etude de l’UZ Brussel offre une nouvelle perspective pour les patients atteints d’un mélanome ne répondant plus aux traitements existants

Premier patient traité avec une combinaison d’un ‘virus intelligent anti-cancer’ et de ses propres cellules dendritiques

Jeudi 4 octobre 2018 — Cette semaine, à l’UZ Brussel, un premier patient atteint d’un mélanome a, dans le cadre d’une étude, été traité à l’aide d’un ‘virus intelligent anti-cancer’ combiné à des cellules dendritiques (des cellules de son propre corps qui attaquent les cellules cancéreuses et les rendent inoffensives). Jamais auparavant, ces deux traitements n’avaient été administrés conjointement. Cette combinaison augmente la réaction de rejet contre la tumeur. Pour les patients, chez qui les traitements existants ne fonctionnent pas, ce nouveau mode de traitement offre une option supplémentaire où les cellules cancéreuses sont détruites sans porter atteinte aux cellules saines. Cette étude aide à faire avancer la lutte contre le cancer et est soutenue financièrement en partie par Kom op tegen Kanker et la Fondation contre le cancer.

Une combinaison jamais administrée auparavant

“La combinaison de talimogene laherparepvec (ou T-VEC), un ‘virus intelligent anti-cancer’, et des cellules dendritiques du patient a été administrée pour la première fois dans le cadre de notre recherche académique contre le cancer,“ indique le Pr Bart Neyns, chef de Clinique Oncologie Médicale de l’UZ Brussel.

“Nous savons que les tumeurs cancéreuses empêchent que des cellules dendritiques ne pénètrent dans le corps et dénoncent leur absence au système immunitaire. Les cellules cancéreuses font en sorte qu’elles ne soient pas mises en inactivité. C’est pourquoi, dans la recherche, nous retirons d’abord les cellules dendritiques du sang, puis nous les injectons conjointement avec du T-VEC dans la tumeur. Nous espérons ainsi accroître la chance d’une forte réaction de rejet contre la tumeur et de voir réagir davantage de patients contre leur maladie. Des observations récentes chez deux patients, que nous traitons avec succès avec du T-VEC à l’UZ Brussel, après que d’autres immunothérapies aient échoué (1), nous font penser qu’avec cette combinaison, nous pouvons offrir des chances supplémentaires aux patients chez qui les traitements disponibles ne fonctionnent pas suffisamment”, poursuit le Pr Neyns.

Dans la première phase de cette recherche clinique, seuls des patients présentant des métastases d’un mélanome de la peau ou des ganglions lymphatiques seront traités avec ce traitement combiné. Pour l’instant, le T-VEC et des cellules dendritiques ne sont injectés que dans ces lésions. Si c’est sûr et si cela donne des résultats prometteurs, nous réaliserons à l’avenir également des injections dans des métastases internes (comme le foie). Et peut-être qu’un jour, des patients porteurs d’autres tumeurs qu’un mélanome entreront aussi en considération. Le T-VEC et les cellules dendritiques sont chacun en soi des traitements sûrs, mais la combinaison des deux est seulement à l’étude maintenant.

Nouvelle perspective pour les patients non répondeurs

“Le T-VEC a été approuvé fin 2015 pour le traitement des patients atteints d’une tumeur maligne des cellules pigmentaires (ou mélanome) qui s’est propagée à la peau ou aux ganglions lymphatiques. Ce traitement est un virus Herpes simplex 1 modifié (le virus qui occasionne des boutons de fièvre). Des changements dans la structure génétique de ce virus font en sorte qu’il puisse se multiplier uniquement dans des cellules cancéreuses, sans endommager des cellules saines. Le T-VEC est injecté directement dans les tumeurs. Ce traitement est sûr et dans la plupart des cas, cela peut faire diminuer la taille des métastases ayant reçu des injections. Par ailleurs, des lésions qui n’ont pas reçu d’injection disparaîtront également (même si c’est moins fréquent) parce que le traitement à base de T-VEC accroît l’immunité contre le mélanome.”

En Belgique, le traitement à base de T-VEC n’est pas remboursé, or il faut savoir que le traitement coûte par injection entre 2.500 et 10.000 euros, dépendant de la taille de la lésion, et nécessite des injections toutes les deux semaines. Pour cette recherche académique, la firme pharmaceutique qui a développé le traitement met ce médicament gratuitement à la disposition du patient. Le coût pour l’isolement des cellules dendritiques du sang s’élève, quant à lui, à 10.000 euros par patient. Pour la combinaison de ces deux traitements, le patient ne doit rien débourser dans le cadre de cette étude. Ce projet est soutenu en partie par Kom op tegen Kanker et la Fondation contre le Cancer.

Les patients qui souhaitent être pris en compte pour cette étude peuvent en discuter avec leur médecin ou contacter le centre d'oncologie de l'UZ Brussel (T: 02 477 60 40, E: afspraak_oncologie@uzbrussel.be).
 

REFERENCES:
(1) Seremet T. eta al. Melanoma Research: September 11, 2018

Administration de la nouvelle combinaison thérapeutique par le pr. Bart Neyns et le dr. Julia Katharina Schwarze à l'UZ Brussel - Photo: Lies Willaert
Administration de la nouvelle combinaison thérapeutique par le pr. Bart Neyns et le dr. Julia Katharina Schwarze à l'UZ Brussel - Photo: Lies Willaert
La leucaphérèse, un processus par lequel les globules blancs sont retirés d'un échantillon de sang et le reste du sang est ensuite renvoyé à la personne en question - Photo: Lies Willaert
La leucaphérèse, un processus par lequel les globules blancs sont retirés d'un échantillon de sang et le reste du sang est ensuite renvoyé à la personne en question - Photo: Lies Willaert
Pr Bart Neyns, chef de Clinique Oncologie Médicale de l’UZ Brussel